Bouquins

« Maudits métis », Bertrand Dicale

On ne parle jamais
de ce que vivent les Métis à l’intérieur 
 


Fils d’un Guadeloupéen et d’une Auvergnate, Bertrand Dicale, journaliste à France Inter et France Info, consacre un essai au malheur d’être métis. Le livre commence difficilement avec un premier chapitre qui vire parfois à l’anecdotique. Blanc ou Noir prend une majuscule alors que métis prend une minuscule. De là, Dicale en déduit finement qu’il se sent minuscule dans un monde majuscule. Peu convaincant. On remarquera que les Arabes et les Noirs cumulent  la majuscule et les problèmes en France. Passons. Puis, Dicale développe son mal-être de métis. Cette condition porterait en elle « la détestation portée aux Blancs ou aux Noirs ».  Le livre devient savoureux quand il attaque frontalement les clichés éculés du métissage :« les bébés métis sont les plus beaux »« le métis est l’avenir du monde ». Dicale flingue le Cran qui au prétexte d’une « solidarité raciale inconditionnelle […] démétisse les métis ». 

Le fait de ne pas verser dans l’optimisme béat d’un chanteur franco-camerounais célèbre est réjouissant. En revanche, le lecteur est perplexe devant les projections funestes de l’auteur qui extrapole sa douleur dans une impasse généralisée. Selon lui, les non-métis, adeptes de pureté,  auraient une destination toute trouvée pour les sangs mêlés : « La prochaine fois, les fours crématoires, ce sera pour nous. » Pessimiste, je vous dis.

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« Métis/ses », Laetitia Duarte, Sandrine Pereira

Un portrait de la France
des années 2010 

LA PHOTOGRAPHE LAETITIA DUARTE et la journaliste Sandrine Pereira ont uni leurs talents pour nous offrir un beau livre : Métis/ses.

Les auteurs explorent de nombreuses facettes du métissages sans aucune exclusive. De nombreuses figures connues  (Princesse Aniès, Elisabeth Tchoungi, …) émaillent les pages de ce livre. Au fil des pages, les auteurs brossent un portrait passionnant de la France des années 2010. Graphiquement, le résultat est indéniablement réussi. En revanche, un parti-pris plus affirmé aurait permis de mieux mettre en cohérence les différents témoignages. Cela reste cependant un très bon achat, disponible ici : cijoint.fr/cj201001/cijXLHjh6K.pdf ou ici

Pour en savoir plus :

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« Destins métis: contribution à une sociologie du métissage », David Guyot

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« Métissages, de Arcimboldo à Zombi » de François Laplantine et Alexis Nouss

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« Quand le métis s’appelait « mulâtre »Société, droit et pouvoir coloniaux face à la descendance des couples eurafricains dans l’ancien Congo belge »Lissia Jeurissen

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« La Pensée métisse », Serge Gruninski.

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« Miscegenetion Blues, Voices of mixed race women » Caroll Camper

Recueil de 40 écrits de femmes métisses pas seulement blanc/noir. Pas encore lu, chronique à venir.

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« L’intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama », Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau. Pas encore lu, chronique à venir.

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« La beauté du métis », Guy Hocquenghem. Pas encore lu. Chronique à suivre.

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« Céleste et le temps des Signares », Jean-Luc Angrand (Editions Anne Pepin )

Les signares, maîtresses-femmes métisses, commencent leur règne au XVIIe siècle qui s’achèvera avec le début de la colonisation au XIXe siècle et l’application du terrible code civil français qui transformera les filles des fières matriarches des comptoirs du Sénégal (Gorée et Saint-Louis) en femme mineur à vie, à la façon de la métropole

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« Histoire du Métissage »Nelly Schmidt (Editions de la Martinière)

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« Liens de Sang »Octavia E.Butler (Dapper Littérature)

Dana est noire, Kevin est blanc. Mariés depuis peu, ils emménagent, dans une nouvelle maison en Californie.

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« Métisse Façon », Sarah Bouyain (La Chambre D’échos).

Franco-Burkinabée, qui a déjà réalisé un documentaire sur le sujet, a compilé une série de portraits de métisses vivant au Burkina Faso,

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« Monsieur de Saint-George, le Nègre des lumières. » Alain Guede (Actes Sud)

Mulâtre guadeloupéen, grand compositeur de musiques classiques, tombe dans l’oublie sous Napoléon.

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« Coca Cola Jazz. »  Kangni Alem (Dapper Littérature)

Heloïse, jeune métissse, n’a toujours connu de son père que ce que sa mère a toujours bien voulu lui raconter.


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« Coco de mer », Monique Agenor (Serpent à Plumes)

Tous les personnages de ce recueil font état de leur double identité et de leur déchirements intérieurs que connaissent les Indo-Océaniques.

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« Sourires de loup »,  Zadie Smith (Gallimard)

Ce roman, raconte le quotidien, des Caraïbéens, et des Pakistanais à Londres

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« Terrain glissant » Vanessa Spence (Dapper Littérature).

Une Jamaïquaine qui vit seule, tranquille, là-haut sur les collines… jusqu’au jour où elle rencontre, un Américain blanc.

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Métis et Mélanges, Véra Atchou. (à compte d’auteur)

Un livre qui illustre le monde, métis et mélangé.

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« Haïti sang mêlés »Anthony Kavanagh (Michel Lafon)

Anne-Catherine Smith fille d’un notaire, appartenant à la caste des mulâtres achève ses études de médecine dans une atmosphère de préjugés raciste et des conventions sociale qui régissent la bonne société Haïtienne.

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« Ravines du devant-jour »Raphaël Confiant (Folio)

Le petit chabin « nègre et pas nègre, blanc et pas blanc à la fois » vit sur la propriété de son Grand -père, papa loulou.

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« Métisse »Monique Boyer (L’Harmattan)

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« La mulâtresse solitude »Simone Schwarz-Bart (Points)

Ni blanche ni noir, destin tragique d’une femme de légende qui fait partie de l’histoire des Antilles.

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« Le mal de peau »Monique Ilboudo (Serpent à plumes)

Destin d’une métisse qui sera à son tour marqué par les forces de la colonisation.

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« Chemin de mangrove »Le Morgne José (L’Harmattan)

Un enfant métisse retrouve la mémoire du contenu créole. Il raconte avec des mots simples, la vie heurtée de ses parents : laïning et man Anna. Ce petit conteur créole réside à Brest. Il retrouve peu à peu ses origines.

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« Discours sur le métissage, identités métisses » Sylvie Kandé (L’Harmattan)

Lors d’un colloque bilingue, qui s’est tenue à New York en 1997, chercheurs et écrivains se sont réunis pour s’interroger sur la notion du métissage.

Si vous avez des chroniques de livres traitant du métissage, n’hésitez pas à nous les faire parvenir.


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