Selon Zebda, « le métissage, c’est violent »


Le métissage, ce sont des accrochages. Avant les harmonies, il y a des accrochages (…)
Cessez d’imaginer un conte de fées.

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Ékoué de la Rumeur : blessé dans mon égo


Le cul entre deux chaises, Un permis de conduire aux frontières,
ici une carte d’identité française périmée.
Mon gros nez, mes tifs crépus et secs annulent sa validité,
C’est certain, après tout je m’en fous, Là où je suis vex
c’est que le contexte actuel et dans lequel j’évolue me colle au cul,
Un statut de paria ici, d’intrus en cance-va au bled,
Une culture dissoute et corrompue de A à Z.
Beaucoup sont dans mon cas mais ne le revendique pas trop.
Aveugle ou parano, personne ne ment à son ego

Tout est dans les lyrics : tout simplement le meilleur morceau de hip-hop français sur le déracinement et la quête d’identité des afro-descendants.

Anaïs : elle sort qu’avec des Blacks


Elle aime bien le cliché antillais (…)
Elle sort qu’avec des Blacks
Et quand son rêve se casse
Un autre le remplace (…)
Un jour, elle accouchera d’un beau métis

Anaïs a capté avec son humour ravageur une tendance que j’ai toujours trouvée ridicule : les filles qui ne sortent qu’avec des mecs à la peau noire. Cette attirance exclusive va souvent de pair avec les clichés habituels sur les Blacks (puissance physique, virilité exacerbée, exotisme …) et culmine avec le projet du « beau bébé métis ». Bref de la dentelle. Il n’y a qu’Éric Zemmour pour prendre bêtement le tout au premier degré.

Dub Inc : le métissage


Qui suis-je en vérité ?
Bénin, France, Algérie, oh ! laissez-moi chanter (…)
J’ai envie de métissage pour des hommes vrais
Et tous ceux qui ont de la rage, vas-y, laisse-les 

Belles sonorités pour un morceau réussi. Le duo entre le toaster et le chanteur, dont les voix s’entrelacent sans cesse, fonctionne bien. Les paroles sonnent juste malgré quelques facilités (« C’est lorsqu’on mélange les différences/ Que les cultures avancent »). Si les bienfaits sont célébrés (« La France est métisse, c’est pour cela que l’on aime »), les doutes sont également évoqués (« Entre deux cultures, comme un équilibriste (…) Qui suis-je en vérité ? » (…) Là-bas ou ici, je suis toujours étranger« ) loin de l’esprit bisounours d’un célèbre chanteur franco-camerounais.


Tepa : le métis


Moi, je suis le métis
Dans ce monde, je résiste et je combats la bétise

Je le concède volontiers : ce clip n’a pas été tourné par Spike Lee. Il faisait partie de ceux qui passaient sur la défunte chaine Zik où la plupart avaient été réalisés à l’arrache. Et pourtant, je l’ai toujours apprécié. Tepa, la moitié du duo Les Spécialistes, ne s’invente pas une vie lorsqu’il évoque le métissage. Il n’occulte pas son côté blanc pour augmenter sa street credibility (« Je suis né à Lens chez les gueules noires au pays des Corons, où les gens ont un coeur d’or. Pour toi, ils feront ce qu’ils pourront »). Tepa avoue également qu’il maitrise moins le le côté africain (« Je maitrise mieux la langue de Molière que ma langue natale »). Le refrain résume bien l’état d’esprit : « Moi, je suis le métis / Tu sais pourquoi j’existe / Dans ce monde, je résiste / Je combats la bétise/ Combattant les racistes ».  Et, pour ne rien gâcher, il y a en intro un scratch du Crime Paie de Lunatic (« Voici le métis café crème capuccino »)