Selon Zebda, « le métissage, c’est violent »


Le métissage, ce sont des accrochages. Avant les harmonies, il y a des accrochages (…)
Cessez d’imaginer un conte de fées.

AVEC ZEBDA, IL N’Y A PAS D’ARRANGEMENT, C’EST BIEN CONNU. Par la voix de Magyd Cherfi, le groupe toulousain a encore une fois percé le consensus mou et les bonnes manières. Lors de la promotion de leur nouvel album, le chanteur a plusieurs fois donné sa vision du métissage. D’abord lors d’une interview au site ChartsinFrance« La France voudrait un métissage docile, souriant et plaisant. Le vrai métissage – auquel on aspire – ne se raconte pas d’histoires. Le métissage c’est violent, ce sont des accrochages. Avant les harmonies, il y a des accrochages. Notre vision c’est celle-là : cessez d’imaginer un conte de fée. »

Avant de récidiver, lors d’une interview au JDD : « Dans la chanson Le dimanche autour de l’église, je raconte une journée au marché Saint Sernin à Toulouse. C’est notre vision d’une France métissée, mais sans angélisme béat. Le métissage, ce n’est pas « on est différents, on s’aime tous ». C’est plus complexe. C’est aussi du conflit et des frictions. C’est la vie, tout simplement. C’est aussi la raison pour laquelle on déteste que Zebda soit montré comme un modèle de la France métissée… »

Blacks, Blancs, Beurs, en train de se donner la main : ce n’est pas la réalité

Pour finalement enfoncer le clou lors d’un entretien avec evene.fr : « Nous voulons porter un regard sur ce mélange des genres qui ne soit pas celui de Oui-Oui ! Il est donc empreint de chaleur et de coups de couteau… La force du métissage ne peut pas se résumer à une formule cul-cul, du genre « Embrassons-nous tous! ». C’est ce que la France s’imagine d’elle-même lorsqu’elle gagne la coupe du monde : regardez comme on est beaux, en blacks-blancs-beurs, en train de se donner la main ! Sauf que ce n’est pas la réalité ! La réalité, ce sont des blacks, des blancs, des beurs, qui vivent côté à côté, pas forcément ensemble, et ça marche éventuellement au coup de poing dans la gueule, parfois aussi à l’embrassade… »

Cela est presque salutaire d’entendre de telles opinions, tellement plus réalistes que les slogans infligés sur le métissage Bisounours. Magyd Cherfi propose une vision vraie et dénuée de sentimentalisme inopérant. Bref, une bouffée d’air frais.

Musicalement, c’est autre chose.  Le morceau, sans être mauvais, n’a pas la saveur du Zebda, époque Essence Ordinaire. Voici le clip pour que chacun puisse se faire son opinion :

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