Kiffe, kiffe et prends en de la graine (biographie totale de DJ Mehdi, hommage #4)


APRÈS LA MORT DE DJ MEHDI, j’ai cherché en vain une longue biographie reflétant la complexité, la singularité et l’originalité du personnage. Sans succès. Voici donc ma contribution.

1977 – 1987 Enfance heureuse baignée par la musique

Né en 1977, Mehdi Faveris-Essadi grandit entre les barres HLM de Genevilliers et Colombes. De son enfance, peuplée d’oncles, de grands-parents et de cousins, il « ne garde que des souvenirs heureux ». Son père cultive le hobby de DJ et une collection de vinyles funk et disco. Son oncle abrite dans sa chambre une basse, une guitare et une batterie sur lesquelles, môme, il s’exercera des journées entières. Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, Mehdi hérite d’une très importante collection de vynils funk et soul qui feront son éducation. (Technikart n°60)

1988 Premiers achats d’albums de hip-hop

Premier album acheté : It takes a Nation
to hold us back, Public Enemy

« J’étais à la Fnac Montparnasse, j’ai passé du temps au rayon rap et j’ai acheté le deuxième album de Public Enemy : « It takes a nation to hold us back ». C’était tellement fort, tellement cohérent. Et le troisième album « Fear of a black Planet », c’est tellement cohérent, homogène, fascinant de penser que c’est des types qui ne savent pas très bien jouer d’un instrument qui font ça juste avec des platines et un magnéto quand c’est ça qu’on a envie de faire dans la vie. J’étais plongé dans l’étude comme si c’étaient des profs et moi un étudiant. » (source) 

Deux mecs du quartier qui volaient à la Fnac
me vendaient les albums à 15 francs
et les maxis à 10 francs

J’écoutais du rap new-yorkais
EPMD, Biz Markie, Kool G Rap, BDP

« J’étais toujours le plus jeune. J’avais sauté une ou deux classes à l’école. Du coup, il y avait deux autres personnes un peu plus âgées qui volaient les vinyls à la Fnac Montparnasse et revendaient au quartier. Ils me vendaient ceux qu’ils avaient en double : 15 francs les albums et 10 francs les maxis tout en me conseillant : « Ca, c’est NWA, Boogie Down Production, Big Daddy Kane. » (source) 

By Any Means Necessary

« Je me souviens de la pochette BDP  « By any means necessary », qui plagie la photo très connue de Malcom X. » »Les premiers disques que j’ai achetés, c’est ceux de l’âge d’or du hip-hop new-yorkais : Biz Markie, EPMD, Kool G Rap. » (itw novaplanete)

1989 : Début dans la musique

Mon père, mes oncles et mes cousins
m’ont donné envie de faire de la musique

« L’envie de faire de la musique ne vient pas forcément de gens qui habitent à 6 000 kilomètres de chez toi et que tu idéalises. Ceux qui m’ont donné l’envie de faire de la musique, c’est mon père, c’est mes oncles, mes cousins. C’est les gens qui étaient un peu plus âgés que moi dans mon quartier, qui faisaient ça aussi bien que moi mais qui le faisaient de manière ludique. J’ai deux oncles qui ont une très grande collection de disques et qui n’ont pas fait de carrière. (…) Tous les gens passionnés me fascinent. Tout petit, j’étais fasciné par les gens qui pouvaient connaitre des milliers de détails sur un point précis, comme la chanson ou le rap. » (source) 

Premier groupe de rap avec ses cousins

« Je bidouillais un peu avec mon premier groupe. Je produisais avec mes cousins, on s’appellait Légitime Défense. A cette époque, je n’avais aucune technique, je ne maitrisais ni les couplets, ni les refrains et je n’avais pas de sampler et de séquencer.  » (Snatch Magazine n°9)

À l’époque pour être DJ et producteur,
il fallait vraiment le vouloir, un sampler
coûtait le prix d’une voiture neuve

« Quand on parle de hip-hop, le graffiti, c’est une discipline, un art qui est plutot vandale. Ils volent des bombes, ils volent des clés pour entrer dans le métro. C’est difficile quand on est DJ, c’est quand même plus cher. Il Pour être DJ, il faut acheter des platines, un ampli, des enceintes, des disques.  Souvent on se débrouille avec les moyens qu’on a, on ne peut pas juste prendre et faire. Par exemple pour rapper, il suffit juste de savoir écrire et d’avoir du talent. Etre Dj, c’est dur. Et puis une fois qu’on a toutes ces choses, il faut aussi apprendre à brancher.  là, je ne parle que de mixer. Mais quand il s’agissait d’avoir un sampler. A l’époque, cela valait 20 000, 30 000 francs. Le prix d’une voiture !  A l’époque, il fallait vraiment le vouloir.  » (source : itw novaplanet)

1990 : débute comme DJ grâce à Dee Nasty

La première fois que j’ai mixé,
c’était pour le jour de l’an 1990-91,
sur invitation de Dee Nasty.

« Je faisais des quarts d’heure dans des après-midi de quartier et l’un des fois, c’est Dee Nasty qui est venu mixer. (À l’époque, Dee Nasty était le Dj hip-hop numéro un en France s’il est utile de le préciser). Il m’a entendu et m’a dit : »Ben tu sais quoi, Je joue pour le Nouvel An, t’as qu’à venir jouer de 23 heures à minuit. Tu pourras jouer et essayer. C’est la première fois que j’ai joué devant d’autres personnes que celle de mon quartier.  peux venir. Tu verras comment c’est. C’est aussi comme ça que j’ai rencontré mon groupe. C’est Dee Nasty qui me les a présenté par la suite. D’ailleurs l’un des managers d’Ideal J (il y en avait plusieurs à l’époque) était là à cette soirée et m’avait vu. »

« Pour plein de raison, outre le fait qu’il était DJ à Radio Nova et que j’écoutais ses émissions le dimanche soir, Dee Nasty a été complément capital, important dans le fait que je sois devenu musicien ensuite. » Etre parrainé par DJ Nasty, ça froisse comme entrée dans la musique. La suite est encore meilleure.

1991 Rencontre avec Cut Killer, DJ Nasser (Minister Amer) et de grands noms du hip-hop

Ideal Junior fait le buzz à l’époque

Avant que Mehdi ne les rejoigne, Ideal Junior fait le buzz. Leur tube de l’époque est La vie est brutale :

Rencontre avec Cut Killer

C’est également la période où Mehdi rencontre Nasser, DJ du Ministère Amer. Puis Cut Killer, DJ Abdel (lui aussi de Gennevilliers) qui débutaient en même temps que lui. (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

1992 : Mehdi rejoint Ideal J

Le rapprochement avec Ideal J s’est fait naturellement en 1992 par toutes ces personnes (Cut Killer, Abdel, Nasser et Dee Nasty) vu qu’on avait tous le même âge et qu’Ideal J cherchait un DJ. À cette époque, MC Solaar est le plus gros vendeur en France et Ideal J fait sensation avec ce morceau. C’est donc une très belle occasion pour DJ Mehdi.

« J’ai commencé à composer des instrus pour Ideal J, puis pour tous les groupes qui bougeaient avec nous, parmi lesquels Different Teep, 113, Rohff, Karlito, c’est à dire les personnes qui ont composé la Mafia K1fry ensuite. »

(http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

1993-95 : Débuts comme producteur pour Ideal J, D Teep et Karlito

« Quand on est producteur de rap, la principale occupation du temps est d’écouter des disques. La plupart du temps, on commence par les disques que l’on a maison. On commence par écouter James Brown, de la soul, de la disco, de la musique arabe. Quand on se rend compte que tous les disques de Sly ou de James Brown ont été samplés, on se dit  : « Je vais écouter un peu de jazz, un peu de rock, un peu de techno. Des fois, j’allais chercher des disques avec d’autres potes deejays à la bibliothèque-discothèque de ma ville et ensuite on allait les écouter et l’émotion nait de ça. » (http://www.novaplanet.com/content/dans-les-oreilles-dedj-mehdi)

Dee Nasty m’a appris à sampler… sans sampler

« C’était impossible à imaginer de produire sans sampler. Mais Dee Nasty m’avait expliqué comment faire . En faisant pause sur le lecteur K7 et en utilisant la pause cassette. » (Les Inrocks, mars 2002)

mehdi2

Mon premier sample, c’était Curtis Mayfield

« Curtis Mayfield, c’est trop beau. Il chante très bien,. C’est le genre de truc quand j’écoute et après, j’arrête il faut que j’aille me coucher, c’est trop beau. C’est mon guitariste préfère. C’est un caresseur de Fender. C’est la perfection. C’est le premier disque de Curtis Mayfield que j’ai écouté car c’est celui que mes parents qu’avaient. C’est le premier album que j’ai samplé. Le break, mais aussi la basse. »  (http://www.novaplanet.com/content/ed-banger-part-2-avec-dj-mehdi)

Le producteur entend ce que d’autres
ne peuvent pas entendre

« Dans le sampling, il y a qu’un truc qui joue, c’est ton oreille. Il y a un mec qu’a dit que dans le bloc de pierre que tu vois là (et il montre l’une des tours de la Porte de la Chapelle, ndr), un sculpteur a vu quelque chose que toi t’as pas pu voir. Toutes proportions gardées, c’est exactement la même chose que dans le sampling. T’écoutes une chanson nase, et tu vois avec la radicalité de ton oreille que tu peux faire un morceau en taillant dedans. »

« Quand on écoute un disque de Kraftwerk, . J’appréhendais pas l’histoire du groupe ou l’influence sur l’histoire de la musique. Je ne connaissais même pas. Des fois, j’allais chercher des disques au hasard. Et puis, après on allait les écouter. L’émotion nait aussi de ça. »

« Je vais te dire les mêmes choses que tout le monde. La première fois qu’on écoute un disque de Miles Davis ou de Jimi Hendrix, même si on ne connait rien de au jazz ou au rock, c’est difficile de rester insensible. Aussi beaucoup de disques de rap, quelques disques de techno. » (itw novaplanet)

1994 : Producteur de Différent Teep, Ideal J, Karlito

« J’étais devenu « par défaut » en quelque sort le producteur de Karlito, d’Ideal J et de Different Teep. J’étais le compositeur attitré de tous ces groupes plus dynamiques, plus talentueux les uns que les autres. » (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

La traversée du désert avec Ideal J

« De 1992 à 1996, on devait faire 5 à 6 concerts par an à tout casser », explique Mehdi (Snatch Magazine).  Lié par un contrat draconien à son ancien producteur, Ideal J ne peut pas tourner en concert, car ce producteur cherche une raison pour rompre le contrat. Comme l’explique Mehdi à 1’30 » :

« Au début d’Ideal J, on était aux prises avec des producteurs opportunistes, se souvient Kery James. On était prêts à lâcher l’affaire mais c’est Mehdi qui nous a poussés à refuser toute concession sur notre son.  (Technikart n°60) L’oncle de Mehdi, Choukri Essaidi, arrive en renfort et  devient le manager du groupe.

Le groupe continue tout de même de passer à Nova, grâce à Bizot qui leur sera d’un précieux soutien. Voici l’un de leurs freestyles de l’époque, où Mehdi assure les backs!

Membre de Different Teep avec Manu Key, parrain de Mehdi dans le rap

Mehdi est un membre originel du groupe Different Teep (avec Manu Key, Mista Flow et Lil Jahson) ». Manu Key, qui a dix ans de plus que les autres, se souvient :  « Quand je vais enregistrer avec lui, avoue Manu Key, je travaille deux fois plus mes textes car s’ils sont moyens, il va me demander de me remettre à l’ouvrage. » Il faut imaginer Mehdi en suractivité permanente. « Je l’ai toujours connu lisant Libé et le Monde, continue Manu Key, visitant les musées des villes où il séjourne, un casanier préférant jouer de la guitare plutôt que d’aller dans une soirée. » (Technikart n°60) Different Teep a sorti un premier maxi en 1995 (« La Route Est Longue » dont une nouvelle version, produite par DJ Mehdi sortira l’année d’après),

1996 Premier album d’Ideal J

« La Vie Est Brutale » est enterré et la renaissance se fait de fort belle manière avec « Oiginal MCs Sur Une Mission » « Manu Key, Lil Jahson et Mista Flow prennent un coup de vieux à coté de leur nouvelle garde. » (blog enfiletonstarter)

La belle plume du blog enfiletonstarter poursuit : « En 1996, après le premier album d’Idéal J, j’ai eu un coup de fil de MC Solaar. Il m’a demandé de venir à son studio, de lui faire écouter des instrus, de participer à la production de son 3e album. C’est là que j’ai rencontré Zdar et Boombass de Cassius – à l’époque Motorbass et La Funk Mob. Ils m’ont fait écouter leurs disques, puis emmené avec eux en tournée, mixer en Angleterre et aux USA. Sur une date à New-York, en 1998, j’ai rencontré Pedro (Winter aka Busy P, NDLR) et les Daft Punk. « 

Zdar de Cassius m’a appelé
Pour la première fois, c’était pas Kery
mais Mehdi qu’on appelait

Les producteurs de l’album de MC Solaar, impressionnés par le travail de Mehdi, le contactent. « Je suis redevable à Hubert. Alors qu’il composait pour la star du rap, il avait écouté un album qui ne s’était vendu qu’à 5 000 exemplaires et qui critiquait Solaar, raconte Mehdi. Je n’en revenais pas. Pour la première fois, c’était pas Kery mais Mehdi qu’on appelait. » Il ne s’agit pas seulement de reconnaissance mais d’initiation. Cette collaboration va lui ouvrir les oreilles à 360° : il apprend à faire la différence entre l’eurodance belge et la house chicagoan, et découvre le rock : « D’abord Oasis, puis les Beatles, Pink Floyd, les Who, les Rolling Stones… »DJ Mehdi est celui qui fait le lien, véhicule les informations entre les parties, code et décode les flux de données musicales. Son ancrage au sein de la Mafia K-1 Fry lui offre une crédibilité hip hop, sa curiosité dévorante lui permet de rivaliser avec les meilleurs producteurs de la scène house. Kery James : « Il m’a toujours impressionné par son intelligence. En interview, il expliquait mieux que je ne pouvais le faire mes propres textes. Lorsqu’il a bossé avec Solaar, on ne s’est pas pris la tête alors que c’était la négation de ce que je chantais. » (Technikart n°60)

L’équipe Mafia K1fry alimente
tous les fantasmes :
kilos de shit, flingues  et liasses de billets

La mafiak1fry est un posse qui alimente les fantasmes les plus fous. Selon Philippe Nassif, qui aurait eu accès à ces infos par Mehdi en off, le groupe n’a pas que des activités musicales. « Mehdi est un passionné de musique travaillant pour le posse le plus trouble, le plus violent, de la banlieue parisienne. Il a vu ses amis manier les flingues, les kilos de shit et les liasses de billets. « (Technikart n°60)

1997 : Mehdi devient coordinateur artistique
pour le label Night and Day

-> enfiletonstarter poursuit : « Donc, N&D sont conscients qu’ils ont du bon sous le talon décident de faire une petite compile avec les artistes du label et ils confient la « coordination artistique » (je cite le livret) à un certain… Mehdi Faveris-Essadi. DJ Mehdi, Ideal J. Le bonhomme avait mis une bonne claque à tout le monde avec « O’riginal MC’s Sur Une Mission ». Et il nous récupère de l’inédit (au moment de la sortie) avec des trucs qui resteront comme des gros morceaux du rap français.

VA « Invasion » (1997)

1. Cut Killer – Intro
2. La Cliqua – Apocalypse
3. Different Teep – La Rime Urbaine
4. Soul Swing – Radical
5. N.A.P. – Les Vieux De La Vieille (Whesh Part.2)
6. Ideal J – Attaque Contre Attaque
7. Mr. R feat. Le Philosophe – R III
8. Double Pact – La Vie En Face
9. Section Fu – Full Concept
10. Expression Direkt feat. Rohff – J’fais Pas De Sentiments
11. D. Abuz System feat. Oxmo Puccino – Est-ce Qu’ils Sont Prêts
12. Légitime Processus – Fifty Fifty
13. Tout Simplement Noir – La Vie d’Artiste

http://enfiletonstarter.blogspot.com/2006_02_01_archive.html

Fan de John le Carré, Mehdi choisit Espionnage comme nom de label

L’expérience de Night and Day donne des idées à Mehdi qui lance son propre label. « Mehdi, pourtant, n’est pas encore sûr de choisir la musique. Le garçon veut devenir diplomate, se passionne pour la géopolitique, l’histoire de la guerre froide, l’espionnage international. Et il lit les aventures de George Smiley, le héros des romans de John Le Carré. Lorsqu’en 1997, il fonde son label pour sortir des maxis dont personne ne veut, il le nomme naturellement Espionnage. (…) « Smiley, c’est un agent secret supermalin qui n’a l’air de rien mais qui n’a l’air de rien mais qui déjoue à chaque fois toutes les conspirations. C’est l’anti-James Bond – il est petit et gros –, il ne joue jamais sur la séduction. Ce n’est pas un homme de terrain mais un rat de bibliothèque. » (Technikart n°60)

Rencontre avec Busy P

En 1997, il fait également une rencontre décisive en la personne de Busy P. « I met Busy P, the Cassius guys, and the whole Daft crew in 1997, and immediately felt connected to them musically. » (http://iheartcomix.com/blog/franki/dj-mehdi-iheartcomix-interview)

Quand j’écoutais Around the World de Daft Punk,
je me disais : « C’aurait pu être moi »

Le premier album de Daft Punk, Home Work, est un carton planétaire, qui marque DJ Mehdi. « Le premier de Daft Punk, avant même que ça n’explose avant même que « Around the world devienne un immense tube » . Quand j’écoutais, je me disais  C’est les mêmes machines, les mêmes samplers, c’est des gars qui habitent à côté de chez moi et qui ont le même âge. C’aurait pu être moi.  » (itw novaplanete)

1998 : Le Combat Continue d’Ideal J
devient rapidement un classique

Dj Mehdi raconte les conditions d’enregistrement en studio en pleine Coupe du Monde : « Pour faire ‘Le Combat Continue 2’, on s’est amusé. Quand on est en studio et qu’on a du temps à tuer pendant que les rappeurs écrivent, c’est le meilleur moment pour expérimenter. Tu as tous les moyens possibles et imaginables, un ingénieur du son pour t’accompagner, donc tu essayes plein de trucs. C’est donc Kery lui-même qui joue des percussions. Et moi je joue le solo de synthé à la fin, alors que je ne suis pas du tout pianiste. L’homogénéité des sons de cet album, cette touche particulière dans mes sons, je la créditerais à Kery par son goût et par son oreille. Et en filigrane, je le crédite aussi pour nous avoir laissé du temps libre en studio pendant qu’il écrivait ! Sur cet album-là, on a pu essayer des tonnes et des tonnes de choses. D’ailleurs on s’est plus resserré sur l’album qui a suivi, « Les Princes de la Ville ». Pour moi, l’expérimentation y est mieux maîtrisée. Je savais plus ce que je faisais, ça sent moins l’amusement de jeunesse. C’est purement personnel, mais pour moi, la production des « Princes de la Ville » et légèrement plus accomplie que celle du « Combat Continue ».

Toutes les prises de son ont été faites dans notre studio historique, Blackdoor, qui se trouve à côté de la gare Saint Lazare à Paris. On a mixé pour moitié aux Studios de la Seine, à Bastille, dans la cabine A et l’autre moitié au studio 2 de Plus XXX, dans le 19e arrondissement. Pour te dire l’urgence dans laquelle on était, pendant les deux derniers jours de mix, les deux cabines travaillaient en même temps. Je m’en souviens bien parce que c’était pendant la coupe du monde 1998, et je faisais des allers-retours entre les studios pendant les matchs. Je me souviens notamment du jour de France-Croatie, on enregistrait ‘L’amour’ dans un studio pendant que moi, de mon côté, je mixais ‘J’ai mal au cœur’ à Plus XXX. Quand j’ai quitté le premier studio, la France venait juste d’égaliser après le but croate. Je suis passé au Mc Do entre les deux studios, et le temps d’arriver au Mc Do, Thuram avait encore marqué ! D’ailleurs, notre dernier jour de mix a eu lieu le jour de la finale. Je ne me rappelle plus du morceau que l’on a mixé ce jour-là, sans doute l’intro ou des interludes, le genre de choses que tu n’as pas eu le temps de faire avant. Ce soir-là, j’ai regardé le match tout seul au studio. Après, je suis sorti dans Bastille, c’était la folie. D’ailleurs, Kery n’était pas du tout, du tout, pour l’équipe de France alors que moi je l’étais. Ça nous a valu quelques bonnes rigolades autour de la télé pendant l’enregistrement de l’album. » (Abcdrduson.com)

Pour l’anecdote, Mehdi soutenait l’équipe de France, ce que contestait Kery. Dialogue retranscrit par Technikart : Kery : « Zidane, Thuram, ils devraient pas faire partie de l’équipe de France. » Mehdi : « Au contraire, sans Arabes et sans Noirs, juste avec des Bretons et des Auvergnats, c’est plus la France ! Kery : « Ils veulent nous faire croire que la France a appris à gagner, qu’elle est multiculturelle. Je suis perplexe : il y avait beaucoup d’argent… J’espère qu’un scandale va éclater dans un an. » Mehdi : « Je peux pas te laisser dire ça ! » (Technikart n° 60)

Grâce à Zdar et Boombass
La house devient un nouvel horizon

1998 est aussi une période où Mehdi approfondit ses liens avec Zdar et Boombass. « A travers Zdar et Boombass j’ai découvert plein de choses que j’aime et qui me semblaient être un nouvel horizon. J’en suis revenu… ça me paraissait une bouffée d’air frais, en techniques de production tout au moins. J’avais l’impression de me répéter et ça me saoulait que le rap français soit triste et lent, que ça cherche à ressembler aux américains. C’est ce qui s’est passé avec le Wu-Tang, Mobb Deep, le Boot Camp et tous ces mecs. Il y a eu un raz de marée. Si tu prends The Sun Rises In The East et The Wrath Of The Math [Jeru The Damaja], Enta Da stage et Dah Shining [Black Moon / Smif-N-Wessun], le premier Wu-Tang, et tu ajoutes The Infamous [Mobb Deep] et Illmatic’[Nas], tu décodes carrément tout le rap français de fin 93 à 97. Tous les trucs que l’on aimait bien et qu’on faisait, c’était influencé par les musiques de Premier pour Jeru. Les mecs rappaient comme Buckshot ou comme Smif-N-Wessun, les thèmes c’étaient le ghetto et le reste, tout était noyé dans les réalités américaines, qui finalement correspondent dans une moindre mesure à la nôtre. » (http://www.maelstrommagazine.com/2009/03/dj-mehdi-2001/)

1999  113, Princes de la ville et du Top 50

Le premier album du 113, les Princes de la Ville, est un coup de maitre. Certifié platine, le disque est l’un des plus gros succès commerciaux du hip-hop français comme l’explique le blog enfiletonstarter :

« Car à y regarder de plus près « Les princes de la ville » peut s’apparenter à une usine à tubes ! D’abord « Ouais gros« , morceau un brin électro signé encore et toujours par le grand DJ Mehdi, avec sa boucle ultra accrocheuse volée au Kraftwerk qu’Afrika Bambaataa avait déjà « emprunté » pour l’un des premiers titres de l’histoire du rap : « Planet rock« . Gros : expression désignant un ami popularisée par l

« Et enfin le titre éponyme, gros hymne à la jeunesse des cités françaises. Déjà que Rim-K et A.P. ne sont pas vraiment reconnus pour rapper dans les temps, cette prod rapide de Mehdi s’inspirant du titre de Curtis Mayfield « Make me believe in you » n’arrange pas grand chose… Mais on s’en balance ! On écoute pas 113 pour la technique du flow, ni même pour leurs talents d’écriture, mais parce que de leur rap se dégage un côté « vrai », sincère avec eux-mêmes et avec leur public. Et quoi que les mauvais langues racontent, ils ont gardé cet état d’esprit 10 ans après leurs débuts discographiques. »

« Disons le clairement et n’ayons pas peur des mots, l’album tue, c’est tout ! Et c’est surtout dû au travail de DJ Mehdi qui, en cette fin de millénaire apocalyptique à base de piano/violon, nous apporta sur un plateau d’argent (ou plutôt de platine) cet album extra-terrestre gorgé d’influences électro et de ce fait bien en avance sur les autres. Evidemment le charisme des 3 rappeurs n’y est pas pour rien non plus. Grâce à ce disque, le 113 peut se vanter de faire parti de ces (trop) rares artistes de musique dit « urbaine » à avoir sorti un jour un disque populaire au sens noble du terme. Le genre de cd que tout le monde peut écouter en y trouvant son bonheur ! Malheureusement, « Les princes de la ville » n’aura jamais de digne successeur dans la discographie de Karim, Yohann & Mokobé. Peut-être que la 504 break chargée de 2 victoires de la musique amplement méritées sur le plateau d’un Michel Druker toujours aussi has-been, était devenu trop lourde pour rouler correctement sur l’autoroute du sans faute. Ou peut-être n’auraient-ils pas dû oublier le petit Mehdi sur une aire de repos… » (enfiletonstarter : le blog culte)

Il y a des morceaux à 118 bpm dans l’album du 113
Je ne veux pas uniformiser la musique

« Je monte les bpms, pas pour me rapprocher du dancefloor et des musiques électroniques, mais parce que c’est cyclique dans le rap de monter les bpms. Dans l’album du 113, il y a des morceaux qui vont à 118 bpms. Faut pas uniformiser le son, faut diversifier, que des gens fassent des morceaux lents c’est bien si quelqu’un en fait des plus rapides. » (http://www.wsound.com/interview20.htm)

« En même temps, Bangalter, Zdar, Boombass me disaient : “Hé, c’est pas mal.” Je m’apprêtais donc à les sortir sur mon label et là, le 113 me les demande pour les Princes de la ville. J’allais en vendre 1 000 exemplaires, ils en ont vendu 400 fois plus. » (Technikart n°60)

Busy P manager de Mehdi

« Pedro Winter (Busy P) est mon manager depuis 1999, depuis l’époque ou je faisais partie du 113. Déjà, il s’occupait de mes deals et de mes contrats. »

L’EP Espion est « une carte de visite
de ce qu’a fait le label Espionnage
depuis deux ans » selon Mehdi

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Mehdi : « Le label Espionnage existe depuis quelques années déjà, il y a eu plusieurs disques, certains ont bien marché et sont devenus des classiques, comme Appelle-moi Rohff, Truc De Fou ou Camille Groult Starr. D’autres ont moins bien fonctionné, pourtant je pensais qu’ils avaient un meilleur potentiel, comme l’instrumental Ulysse, qui est devenu le single du Ep malgré lui. Le but était d’avoir une carte de visite, un sampler de ce qui avait été fait depuis deux ans sur le label et c’était pour moi l’occasion de rassembler les gens avec qui j’avais travaillé depuis le début : les mecs qui font du son et ceux qui rappent, puis de tout mélanger et matérialiser cette espèce de sound system. Ça n’est qu’une compilation, avec des inédits, mais je ne peux pas considérer ça comme un album. C’est un point de départ, les maxis en étaient les balbutiements. J’aimerais enclencher la vitesse supérieure, mais je ne veux pas devenir une maison de disques, ce n’est pas ce que j’aime faire, en plus je suis assez mauvais à ça. J’aimerais que Espionnage et Espionnage Sound System soient plus au centre de mes activités. » (http://www.maelstrommagazine.com/2009/03/dj-mehdi-2001/)

Chronique de cosmichiphop assez pertinente :
« Il y a d’abord le rappeur au flow innovent et la technique nette et précise : Rocé, qui délivre d’après moi le meilleur titre de l’album avec un texte comme à son habitude conscient et engagé, sans jamais s’arrêter. Chose étonnante, le début de la chanson ne contient pratiquement pas de samples, simplement un beat meurtrier et très efficace, ce qui met mieux en valeur les paroles de Rocé. Pour ça, Mehdi a su jouer la carte de l’originalité, on le remarque notamment avec un invité tout à fait spécial, et qui n’a pas vraiment sa place sur un album rap. En effet, The Cambridge Circus est plutôt un groupe de techno à ce qu’on m’a dit mais place tout de même deux titres particulièrement bons, même pour quelqu’un comme moi qui n’écoute que du rap ! Le Dj a donc voulu varier les genres et on ne peut que l’en féliciter. Idem pour Dany Dan des Sages Poètes de la Rue qui propose un  » Pop Song  » en deux étapes. Ainsi, son apparition est séparée en deux petits morceaux où il fait un exercice de style, en rimant une fois en  » o  » et l’autre en  » ose « , vraiment surprenant !

On a également droit à des remix, d’abord celui de  » Camille Groult Starr « , le morceau qui a rendu célèbre le 113 bien avant  » Tonton du bled « . Le titre est remixé par Boom Bass qui reprend le sample original en le mixant à un beat techno ! Le résultat est loin d’être mauvais, mais assez surprenant à la première écoute. Le second remix est pour Manu Key avec  » Si tu savais  » extrait de son premier album solo. Là encore, rien à dire sur la nouvelle version, un bon titre pas choisis au hasard. Karlito, quant à lui, place un inédit nommé  » T’inquiète…  » dans lequel il délivre un message positif et une vision optimiste de l’avenir, malgré le fait qu’il réside en banlieue. Il est vrai que c’est assez rare dans le rap et c’est déplorable car comme il me l’a lui même expliqué, en se plaignant sans cesse on ne peut pas progresser et on reste toujours au stade de l’adolescence. Enfin, on a droit a du pur hardcore avec Rohff en bonus track, une bonne manière de clôturer la session.

Un album court, et c’est le seul reproche qu’on pourra lui faire, étant donné que la qualité est là ! Les rappers qui y figurent sont tous excellents et il n’y a pas de morceaux décevant, c’est peut être l’avantage d’une petite compilation… En plus, Mehdi a judicieusement opté pour l’originalité et la diversification, avec des titres s’éloignant un peu de l’ambiance hip hop, ce qui fait que cet album ne ressemble à aucun autre. Des inédits, des remix et des productions comme on aimerait en entendre plus souvent, voilà la recette que vous a concocté le cuisinier musical Dj Mehdi : du bon boulot, rien à rajouter ! Si ! Total respect pour l’un des meilleurs Dj français… » (cosmichiphop.com)

2000 : Triomphe aux Victoires de la Musique

Le 113 arrive sur scène sans rien renier de son identité street. Naturels, les trois Vitriots débarquent en 504 break et arrivent à réchauffer une assistance passablement coincées sous les yeux ébahis de Michel Drucker.

Séparation avec Kery james : dissolution du groupe Ideal J

Ideal J se sépare. Après la mort de Las Montana dans des circonstances terribles (il avait été torturé et avait subi des mutilations génitales), Kery James, converti à l’islam, décide de prendre une autre direction musicale sans instrument à vent. Kery James se convertit à l’islam, s’affirme moraliste et leste le rap d’une nouvelle attitude en enregistrant Si c’était à refaire… (voir Technikart n° 54).

2001 : Voyages et productions pour de multiples artistes

Année où il part sur les routes avec Karlito :

Mehdi varie ses goûts, écoute du rock. Notamment les Beatles. Même « God only knows » des Beach Boys. Selon moi, c’est la plus belle chanson qui ait été écrite. (http://www.novaplanet.com/content/dans-les-oreilles-dedj-mehdi)

2002 : Réussite artistique et échec commercial de l’album solo Story of Espion

DJ Mehdi Story of Espion Album Cover

Grande ambition artistique
(Common, Guru et Wyclef)
vite revue à la baisse

“J’avais vraiment envie d’un document sonore sur le sujet, même si ça paraît beaucoup trop écrit quand j’en parle. Mais en disque, et peut-être à l’aide d’un film compagnon, il y avait moyen pour expliquer comment, selon moi, certains artistes nous parlent plus directement que d’autres, en particulier dans la musique noire américaine : Thelonious Monk, John Coltrane ou Billie Holiday par exemple. Et je voulais le mettre en scène dans le rap. Mais ça coûtait un peu cher parce qu’il y avait beaucoup d’artistes internationaux : Guru, Ursula Rucker, Common, Wyclef Jean ou encore Vinia Mojica, la seule qu’on retrouve au final… C’était donc compliqué et trop ambitieux à réaliser pour mes débuts, mais je n’ai pas abandonné l’idée pour autant”. À Virgin, donc, seule major approchée, Mehdi change donc son fusil d’épaule, et se rabat sur un projet certes moins ambitieux, mais pas moins personnel. “Depuis la fin d’Idéal J, je réfléchissais à quelque chose que je pourrais m’approprier, moi qui suis ni rappeur ni chanteur, et qui ne soit surtout pas complètement instrumental dans le sens lounge music”.  (magicrpm)

Mehdi anticipe un échec commercial
qui se produit…

« Je sais très bien qu’il n’est pas facile, et que j’aurais probablement bénéficié d’un meilleur accueil des médias rap si j’avais invité tous mes potes rappeurs comme d’autres producteurs, en particulier français, l’ont déjà fait. Mais ça ne m’intéressait vraiment pas » (magicrpm) Finalement son album ne s’écoulera qu’à quelques milliers d’exemplaires. Ce qui extrêmement dur pour lui.

Sans trop de regrets

« Je suis très content d’avoir pu faire ce disque et ce pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’ai composé certains de mes morceaux préférés. Aussi et surtout car c’est l’album qui m’a permis de m’émanciper en tant qu’artiste, vis-à-vis de mon public mais aussi de mon ancien groupe Ideal J. Sans ‘Espion’, pas de ‘Lucky Boy’, ni de Megalopolis’. Enfin, parce que j’ai composé et produit ce disque dans une période d’immense bonheur et qu’il reste l’un de mes plus beaux souvenirs, pas seulement professionnels, mais aussi personnels. » (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

L’une des bombes de cet album, c’est Breakaway avec Futura 2000, où Mehdi vient taguer Ideal J et DJ Mehdi à 2″55. « J’étais fan de Futura, bien sûr, mais il faut bien avouer que c’est le Big Boss de ma maison de disque de l’époque (Virgin) qui est un ami personnel de Futura, qui l’avait appelé pour lui demander de participer à la vidéo. Encore un super souvenir. (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

L’avis de Rim-K

« Rim-K : Son disque est un pur délire de producteur. Il est le reflet d’une vision artistique complètement personnelle. On aime beaucoup le travail effectué sur les ambiances, sur l’agencement des effets. Mais un disque de 113 ne pourra jamais s’apparenter à un disque comme celui-là parce que 113 est la réunion de cinq esprit différents, avec autant de sensibilités et de pistes différentes à prendre en compte. 113, c’est une équipe. » (Technikart n°60)

Mehdi produit 3 track pour 113 fout la merde
et fait la connexion avec Bangalter
des Daft Punk

Mokobé : DMehdi en a parlé à Pedro Winter (le manager des Daft Punk, NDLR), qui en a parlé à Thomas Bangalter. C’est comme ça que Thomas est venu au studio avec son matériel, pour taper le bœuf avec nous. Ça a pris une journée, grâce au carnet d’adresses de Mehdi (Rires) (Technikart n°60)

TOP DÉPART de  Rocé

On le retrouve, en live et interview, avec Rocé et Morcheeba dans l’émission Music Planet 2nite, où Mehdi défend l’album de Rocé, qui livre une bonne prestation live avec Morcheeba. (http://blogspotmag.wordpress.com/2011/09/13/mort-de-dj-mehdi/)

Mehdi : « Je garde un très bon souvenir de cette collaboration et j’ai toujours de très bons rapports avec Rocé. Pendant longtemps, il a fait ses propres musiques avec son frère. Quand je les ai rencontrés, ils se produisaient eux-mêmes. Le détail amusant, c’est qu’ils ne voulaient pas forcément que je leur fasse des instrus, par solidarité l’un envers l’autre. Ce qui est compréhensible, d’ailleurs. Quand j’ai mixé et réalisé la structure telle qu’on la connaît maintenant – Rocé part sans beat, puis les éléments arrivent petit à petit, la séquence n’intervient qu’au bout d’une minute 30 – Rocé n’a pas aimé du tout. Il m’avait demandé de remettre comme c’était sur la maquette. Il trouvait que ça mettait trop de temps à commencer, il n’était pas chaud. »  (abcdrduson.com)

Signature chez Virgin

« En 2002, j’ai signé chez Virgin et Busy P m’a été d’une grande aide d’un point de vue contractuel. Puis Ed Banger a commencé avec le rap de Mr Flash pour un maxi vinyle, je suis apparu sur la face B de sa deuxième sortie » («We Are Ur Friends» de Justice).

Play-list de Mehdi en 2002

Stevie Wonder Songs In The Key Of Life 
Wes Montgomery Tequila 
Public Enemy It Takes A Nation Of Million To Hold Us Back 
Nas Illmatic 
NWA Niggaz For Life 
Compton’s Most Wanted Straight Check’em 
Miles Davis Kind Of Blue 
Motorbass Pansoul 
Fonky Family Inch’Allah 
10 Raekwon & Ghost face Killer Cuban Linx 

2003 La Cerise sur le ghetto, puis éloignement avec la Mafia K1fry

En 2003,  au moment de la réalisation du premier album du collectif, La Cerise Sur Le Ghetto, DJ Mehdi prend ses distances avec ses potos de l’équipe Mafiak1fry. Dans le DVD Si tu roules avec la Mafia K’1 Fry, Mokobe et Manu Key expliquent vouloir faire « le procès de Mehdi » en rigolant à moitié. Mokobé, Manu Key et Demon One insistent lourdement.  « J’ai pas écouté tes sons mais à ce qu’il parait, ils sont tout nazes », attaque Demon One. Manu Key se pose même la question : « Veut-il vraiment faire cet album?  » Mehdi explique vouloir conserver son énergie pour éviter de se répéter et rester créatif, quitte à s’éloigner musicalement de ses amis proches  (voir à partir de 6’00) »

« Je ne peux pas dire qu’il y ait eu une séparation formelle avec le 113, tout comme il n’y a jamais eu d’accord de principe sur leurs productions. Avec Karim, AP, Mokobé, nous avons vécu tellement de choses ensemble, petites et grandes. Comme il a été naturel de faire de la musique ensemble à une époque, il a été naturel de s’émanciper les uns des autres. Karim est devenu un excellent producteur, Mokobé a poursuivi dans sa voie et AP est resté fidèle à lui-même. «  (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

2004 BO DE FILMS

« En fait, je n’ai pas arrêté de bosser de faire des instru pour des artistes ou des potes, des remixes, des tournées, j’ai fait du live et des DJs sets. J’ai participé à plusieurs B.O. de films, il y a eu Taxi 3, Femme Fatale, La Compagnie Des Hommes, Roi Et Reine, Megalopolis et Sheitan de Kim Chapiron… Heureusement que je n’étais pas dans le besoin pressant de sortir un disque, d’ailleurs il y a eu quatre ans entre les deux derniers. Si mon désir de publication était si fort, c’est que d’une certaine façon, je lierais le destin de ma musique à celui du public… »

2005 Des friandises pour ta bouche

Le rapprochement avec la bande de Koutrajmé se concrétise dans les bacs avec le CD et le DVD « Des friandises pour ta bouche »

« Je travaille avec le management depuis le début, et en même temps j’ai sorti des disques chez Chronowax ou V2, comme l’album de Karlito, Espion Le Ep, Des Friandises pour Ta Bouche en collaboration avec Kourtrajmé…  »

2006 LUCKY BOY

Mehdi s’est fixé comme ambition de faire un album de breakdance. « Si, parce que j’étais dans un état d’esprit ou ma musique allait vers le breakdancing. Comme tu le sais, les breakdancers sont les gens qui font le lien entre la danse et le hip hop. Le swing electro de «Lucky Boy» vient directement de ma passion pour la musique électronique qui est là depuis les débuts de l’histoire du hip hop, depuis Bambaata. En France, j’ai toujours pensé que je devais expliquer ma musique, aux gens, à la presse, même à mes proches parfois. Certains, qui sont uniquement dans le rap, se posent des questions sur le fait que je m’oriente vers l’electro. Alors, je leur rappelle mes racines, mon parcours et ma musique. D’autres qui sont uniquement dans la techno se posent la question inverse. A eux aussi je leur explique aussi ma musique, et je réponds à des interviews pour leur faire connaître les clés de mon travail. J’ai besoin d’expliquer tout cela par des mots, pas forcément pour qu’ils comprennent mes morceaux, mais plutôt mes ressentiments. Je ne pourrais pas écrire un bouquin, je préfère écrire au sujet de la musique… Peut être qu’un jour j’écrirai des livres sur EdBanger (rire)… » « Break Dance je dirais avec l’ambition avouée d’essayer de remonter à la musique commune qu’on retrouve dans les clubs, les Kraftwerk, Crash Crew, Planet Patrol et autres Africa Bambata par exemple. A l’époque, ça faisait « breakdanser » les gens, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. » (http://musique.ados.fr/Dj-Mehdi/interviews/1020-dj-mehdi-l-espion-qui-venait-du-rap.html)

Lucky boy et Story of Espion
sont des albums hip-hop

« Mes deux albums sont hip-hop, c’est comme ça que je les ai composés. Je n’avais pas de velléités autres que celle de décrire mon quotidien. Je rencontrais des musiciens qui venaient des Hauts de Seine, je devenais copain avec Pedro, avec Matthieu Chedid ou encore Diam’s et j’avais envie que ça s’entende sur mon disque  comme si je tenais un journal intime. J’y consignais les rencontres musicales et autres que je faisais dans ma vie et qui ne sont pas les mêmes à 25 ans qu’à 30 ans. Il me semblait évident, dans cet esprit de sincérité et de vérité, que ma musique évolue au même moment que moi. J’ai quitté mon groupe, je me suis marié, j’ai eu un enfant… si j’avais continué de faire la même musique que je faisais quand j’avais 17 ans, j’aurais eu l’impression  parfois de rester bloqué et de pas autant évoluer. »

Mes albums étaient une façon de faire avancer le truc

« Si pour certains le hip hop c’était en en 88, c’était les blocks party avec Grand Master Flash, c’était les disques de Gang Starr, de Tribe Called Quest, il faut aussi qu’il y ait des gens qui innovent, qui disent non ce n’est pas ça le hip hop. Le hip hop maintenant c’est Lil John, c’est Lil Wayne, Drake, David Guetta… je n’en sais rien. Il y a comme une force progressiste et une force conservatrice qui permettent d’équilibrer le mouvement. Mes deux albums solo étaient une façon de faire avancer le truc. Peut être que si j’étais venu de New York, j’aurais eu une vision ethnocentrée mais le fait est que je suis né à Paris et déjà, rien que ça, c’était déjà différent. On rappait en français, on avait d’autres influences : la musique française, la musique des colonies que le hip hop us et même anglais ne connaissent pas. A ce titre on a toujours fait une version du rap qui était différente. »

Couleur Ebène avec Booba

« En fait, Booba et moi nous connaissons depuis le beat De Boul’, on est de la même génération. En 1994/1995, un des premiers morceaux que j’ai fait, en dehors d’Ideal J, était un remix de Qu’est ce qui Fait Marcher les Sages ? des Sages Poètes De La Rue. A ce moment-là, il y avait Lunatic, donc Booba, qui enregistrait un album chez les Sage Po. Booba sortait déjà du lot. J’ai aussi connu Oxmo à cette période, et pourtant je n’ai jamais travaillé avec lui avant Sheitan. Il y avait un pont direct car Different Teep enregistrait chez les Sage Po, et c’est Melopheelo qui mixait leurs premiers disques. Il y avait un vrai lien, qui persiste, et qui a même donné plusieurs collaborations entre Manu Key et Dany Dan.

Booba ne savait pas comment poser dessus au début

Avec Booba, on s’est donc reconnecté, car il a participé à l’album du 113, 113 Degrés, pour lequel j’ai produit quelques titres, et il m’a dit : «J’ai terminé mon disque, donc si tu as une instru, on ne sait jamais…» Sur ce, je lui ai apporté un premier CD de beats, avec lequel j’avais l’impression d’aller dans son sens. Il trouvait ça bien, mais estimait que son album contenait déjà ce genre de titre, par des compositeurs qui sont très proches et qui lui font un son sur mesure, Animalson. Il m’a demandé, au contraire, de le surprendre, avec un son différent. Donc je lui ai fait un CD avec trois morceaux, notamment Couleur Ebène. On était dans sa voiture, il balanceCouleur Ebène à fond, j’étais content de lui soumettre ce son, mais un peu sceptique, et au contraire, il m’a dit : «Je ne vois pas trop comment je peux poser dessus, mais on ne sait jamais…» A la base, c’était un morceau qui était prévu pour Lucky Boy, on avait même prévu une sortie en single, on avait même planché sur un clip. La forme instrumentale était très proche de la version de Booba, avec un mix un peu différent. Et puis trois semaines après, j’ai reçu un texto qui disait : «Je n’ai jamais fait ça, j’ai essayé…» La conclusion de cette histoire, c’est que l’on peut toujours être surpris par des artistes que l’on a l’impression de connaître, en particulier avec Booba, qui a un style très affirmé, prédéfini par trois albums. Chapeau à lui et merci d’avoir fait accepter une facette de ma production, un peu comme 113 l’avait fait avec le morceau contenant le sample de Kraftwerk. C’était un titre que je m’apprêtais à sortir seul, en maxi sur Espionnage, disponible à hauteur de 700/800 exemplaires chez Chronowax, et qu’ils ont rendu populaire en en vendant plusieurs centaines de milliers. Idem pour Booba qui l’a fait accepter à un public différent. Bien sûr, c’est évident que tout le monde n’a pas aimé ce titre, mais qu’il ait choisi ce son, qu’il ait rappé dessus et qu’il en ait fait une chanson de rap, aide beaucoup le fait que son public accepte une autre facette de ma production… »

Un beat rock et électro pour Booba
bien loin du boom-tchak

« Oui, je le connais depuis longtemps, mais nous nous sommes vraiment rencontrés qu’en studio avec le groupe 113 quand il a collaboré avec eux. C’est là que nous avons parlé. Il m’a ensuite appelé quelques fois, m’a fait savoir qu’il avait quasiment fini son nouvel album, et m’a proposé de lui faire quelques beats. Il apprécie ma musique, était fan de Ideal J quand il était plus jeune, donc il m’a sollicité. Je lui ai balancé quelques trucs, il a écouté et m’a rappelé en me disant que c’était cool, mais que Animalsons (ses producteurs) lui avaient déjà proposé quelque chose de ce genre, et qu’il attendait de moi une approche différente. Cette situation illustre bien ce qui a changé dans mon regard sur la musique. Booba voulait être surpris, voulait une touche un peu fun pour ce disque. J’ai donc été étonné mais j’ai apprécié sa réaction. A ce moment là, j’étais sur “Lucky Boy” pour Ed Banger donc je lui ai fait écouter quelques sons de cette période, c’était vraiment ce qu’il attendait. Donc je lui ai filé un instrumental qui était censé intégrer l’album. C’était un beat pour lui, plus orienté rock et electro, très loin du «boom-tchack»… »

http://2.bp.blogspot.com/_hEl3KEmpBvo/SRpxwhsT-0I/AAAAAAAAAcM/Kz40IjhoIH4/s400/00-dj_mehdi-loukoums-(ed_banger)-promo-2006-cover.jpg

En hommage au fameux producteur J-Dilla (Pharcyde, Jay-Z notamment) “Based on the DONUTS album concept, these are demos, out-takes and unreleased gems from various records I worked on before and during the making of LUCKY BOY, my next album. Stuff comes from MEGALOPOLIS, 113 DEGRES and SHEITAN soundtrack mainly, but some is older too. Hope you enjoy these rough mixes and un-polished sounds, as I pay hommage to “one of the greatest minds to ever make beats –  
Mr James Yancey, better known as JAY DEE, also know as DILLA.” DJ Mehdi (sur son blog de coolcat)

Tournée de Justice

Mehdi accompagne Justice lors de leur tournée mondiale à guichets fermés. Dans le DVD tournée par Romain Gavras en mode « Sex, Drug and Rock’n’roll », Mehdi, assez discret, apparait essentiellement en première partie. Tout comme Busy-P. Lorsqu’un journaliste lui demande que penser de cette ambiance décadente Sex, Drug and Rock’n’roll.  « C’est la vérité », répond tout simplement Mehdi en éclatant de rire.

2007 TOURNÉE AVEC A-TRACK

Mehdi tourne de plus en plus  et s’affirme en tant que DJ international. A l’automne 2007, il s’offre même une tournée (le Walkie-talkie tour) avec l’un des DJ les plus côtés aux US : A-Track. C’est également le début d’une grande amitié entre l’ex DJ de Kanye West et le producteur hip-hop le plus éclectique de France.

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Projet Gofast Electric :

Pendant 5 jours, Jay One (grosse tête du graffiti), Alex Wise (réalisateur qui avait réalisé la plupart des clips de Karlito) et DJ Mehdi se sont retouvés dans une chambre blanche afin de pouvoir interagir entre le son, la video et le graffiti.

Kery le recontacte pour reformer Ideal J… sans suite

« Oui il est vrai qu’Ideal J a failli se reformer pour quelques concerts. Cela ne s’est pas fait en raison du calendrier de la tournée Ed Banger. » (http://justice-edbanger.xooit.com/t710-Interview-DJ-MEHDI-sur-le-F-F.htm)

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2008 Pocket Piano

Dj Mehdi “pocket Piano” Release Party
« Avec l’inédit Pocket Piano, Dj Mehdi justifiait, à lui seul, l’achat de la dernière compilation maison Ed Rec Vol. III, parue juste avant l’été. Noël approchant, Pedro Winter s’est enfin décidé à le sortir en single. Un cadeau bienvenu pour son auteur et une tardive récompense pour ce tube absolu, cette merveille indicible, qui vous fera le même effet que la découverte de Revolution 909 de Daft Punk. «  (magicrpm)

2009 : Mehdi, toujours plus international, remixe ses classiques

« Busy P et moi sommes totalement fans de Stones Throw, donc les connections se sont faites naturellement. Nous avons ainsi fait des dates et des fêtes ensemble. Quand J Dilla est décédé, Busy P a fait un morceau tout spécialement avec son jeune frère Illa. Ca a créé un lien très fort, une relation complètement naturelle avec Stones Throw… »

A tel point que le label Stone Throw est venu mixer à Paris avec Ed Banger dans une soirée devenue depuis légendaire :

« Tout est venu de Pedro Winter. Il est à fond dans J Dilla, Neptunes, Alchemist, Murs… Quand il a sorti son maxi, il voulait que Murs apparaissent dessus. Mos Def a aussi collaboré avec Ed Banger quand il a travaillé avec Mr Flash, un autre artiste du label. Tous les artistes Ed Banger, de SebastiAn à Justice, disent qu’ils aiment Timbaland et Daft Punk, Peanut Butter Wolf et Madlib, J Dilla. Busy P et moi sommes totalement fans de Stones Throw, donc les connections se sont faites naturellement. Nous avons ainsi fait des dates et des fêtes ensemble. Quand J Dilla est décédé, Busy P a fait un morceau tout spécialement avec son jeune frère Illa. Ca a créé un lien très fort, une relation complètement naturelle avec Stones Throw… »

BBB : Black Black & Black ou le mix interdit ! Compilation de titres qui ne figureront pas sur l’album à venir pour diverses raisons, notamment de droits.

Dj Mehdi ♥ Black Black & Black

Mix qui précède l’album officiel.

dj mehdi red black blues1 Dj Mehdi in The (Mix gratuit) justice artiste

Je me sens rap français
tout autant que Booba, Rohff ou Kery James

« Ce que je pense, par contre, c’est que le rap français va là où ses protagonistes l’emmènent. Booba ou Rohff. Rocé ou Tekilatex. Diams ou Kery James. Moi, même. Je me sens ‘rap français’ tout autant, je produis du rap, je suis français. Je n’ai pas l’impression de faire de la musique pour enfants. » (Brain Magazine, Décembre 2009.)

2010 CARTE BLANCHE AVEC RITON

« C’est quand même plus marrant d’être deux, ne serait ce que pour tourner, c’est une meilleure façon de passer le temps. Après, il y a plus d’idées quand on collabore. Chacun a ses points forts, il y a des choses que je n’aime pas trop faire qui ne dérangent pas Riton, d’autres qui  m’amusent, lui moins. L’autre raison, et je parle pour mon cas, est que je suis producteur de rap avant tout et même quand je faisais de la musique instrumentale, je l’envisageais comme une forme de hip hop alors que pour le projet Carte Blanche, il s’agit d’une autre musique, qui n’a pas grand chose de hip hop. Le projet a été conçu et imaginé comme étant un hommage moderne à la musique de Chicago des années 90 et je ne suis pas à proprement dit un spécialiste de ce genre de musique et encore moins un compositeur de house. J’avais des affinités, j’en joue je travaille beaucoup avec Zdar de Cassius et avec des gens très pointus dans ce style mais je n’avais jamais passé le pas, passé la frontière inexistante, qui n’existe que dans mon esprit. Même quand je faisais de la musique auparavant, je me cantonnais à une forme, élaborée peut être, mais une forme de hip hop. Aussi parce que je ne me sentais pas forcement la légitimité, le fait d’avoir monté un groupe qui est autre, qui a sa vie propre – il y a des gens qui aiment Carte Blanche sans forcément connaître ce que je fais – ça m’a donné comme qui dirait « carte blanche » pour pouvoir exprimer quelque chose d’autre que ce que j’ai pu faire quand j’étais plus jeune. »

Premier projet non hip-hop au sens de Mehdi

« J’essaye de garder le hip-hop et l’électro deux mais très franchement c’est dur de les garder à un niveau équivalent. Parce que d’abord, j’ai fait beaucoup de rap et de hip hop donc j’ai aussi moins d’idées, moins de choses à faire, d’excitation à le refaire alors qu’un médium nouveau comme l’a été la musique électronique pour moi, m’offre la possibilité d’y trouver quelque chose à inventer personnellement. Les propositions qui me viennent plutôt du milieu rap me branchent moins. J’ai l’impression de m’être asséché, je n’aurais pas envie de refaire en moins bien les choses que je faisais déjà il y a 10 ans ou 15 ans avec mon groupe ou les artistes avec lesquels j’ai pu collaborer.

La Fool Gold Party à NY avec A-Track

http://player.vimeo.com/video/29944442

« Qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir« 

Pour compléter, je peux ajouter deux choses : Bob Dylan disait « qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir » C’est quelque chose qui me parle.


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Une réflexion au sujet de « Kiffe, kiffe et prends en de la graine (biographie totale de DJ Mehdi, hommage #4) »

  1. Très très bon ! cependant il suis quasiment sur d’avoir déjà vu une k7 mixtape de Dj Mehdi (noir avec une « tête de mort » … il me semble …) impossible de trouver trace de cela. Si jamais quelqu’un a des infos n’hésitez pas a me laisser un message.

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