Susana Baca, l’Afropéruvienne devenue ministre de la Culture


Premier ministre afropéruvien
de l’Histoire


Pour la première fois depuis l’indépendance en 1820, le Pérou aura un visage noir (ou métissé) dans son gouvernement Susana Baca.

La célèbre chanteuse Susana Baca, devenue ministre de la Culture, incarne tous les espoirs d’une communauté longtemps marginalisée. Elle s’est fixée une nouvelle mission : promouvoir la culture nationale à l’étranger et en ouvrir l’accès à tous les Péruviens.

Dans un pays où le racisme reste très répandu, sa nomination est un symbole fort. Associés aux conquistadors espagnols du XVIe siècle, les descendants des esclaves africains n’ont jamais gagné la reconnaissance de leurs concitoyens indiens. Il y a deux ans, le Pérou a toutefois été le premier pays sud-américain à s’excuser auprès d’eux pour des siècles d’exclusion.

Militante de longue date, la gagnante d’un Grammy s’était déjà illustrée en construisant un centre culturel consacré à l’héritage africain des péruviens, ainsi que le conglomérat d’ethnies qui pendant des siècles ont influencé la musique, la nourriture, l’art et l’économie de cette nation, mais qui ont systématiquement été marginalisés par une société à classes stratifiées.

Je veux que les AfroPéruviens aient le sentiment d’appartenir
à quelque chose…  et puissent  se sentir protégés

Militante, Susana Baca a créé ce centre pour que « ces gens aient le sentiment d’appartenir à quelque chose… et puissent se sentir protégés »« L’histoire officielle est blanche, l’idée est de rendre visible une histoire cachée », ajoute son mari, Ricardo Pereira, un sociologue qui aide à promouvoir le travail de Baca.
Il y a deux ans, le Pérou est devenu le premier pays d’Amérique Latine à présenter des excuses officielles à ses citoyens d’origine africaine pour des années de discrimination. Et il y a quelques jours, le gouvernement a octroyé une reconnaissance à plusieurs sommités noire du Pérou. Mais pour Baca et d’autres, ce n’est en grande partie que de la poudre aux yeux, et que le racisme reste ordinaire.

Statistiquement, les Péruviens noirs se trouvent généralement aux extrémités les plus basses des échelles économique et de l’éducation. « Il y a des Afropéruviens qui ont avancé », explique Rafael Santa Cruz, membre de la légendaire famille musicale à laquelle on attribue la réactivation du mouvement afropéruvien. « Mais beaucoup d’entre nous sont traités comme des citoyens de seconde classe. »

Nous avons besoin de nous sentir heureux avec nos différences
et d’avoir le sentiment d’appartenir à un groupe.
Nous ne sommes pas seuls.

Étant une source abondante d’argent, d’or et, plus tard, de guano, le Pérou colonial fut l’un des pays les plus riches des Amériques après sa conquête par les explorateurs espagnols et le centre du nouvel empire. Les espagnols ont apporté des esclaves qui sont immédiatement entrés en conflit avec la population autochtone locale en plus de l’être avec leurs maîtres européens blancs. Les indigènes qui étaient autant réprimée considéraient les Noirs comme une partie de la colonisation étrangère, et beaucoup les haïssaient pour cette raison.

Les esclaves péruviens étaient forcés d’abandonner (ou cacher) leurs langues, leurs musiques et leurs religions. Au cours des siècles, leur nombre relativement peu élevé les obligea effectivement à se marier aux Indiens des Andes, aux blancs et aux mestizos qui sont la progéniture des Indiens qui s’accouplaient avec les Espagnols.

« Beaucoup de gens le considéraient comme la musique des esclaves. Ils en avaient honte », dit Baca. Mais elle essaie de la présenter comme quelque chose dont on peut être fiers. « Le plus important c’est d’appartenir à quelque chose », dit Baca. « Nous avons besoin de nous sentir heureux avec nos différences et d’avoir le sentiment d’appartenir à un groupe. Nous ne sommes pas seuls. »

Pour en savoir plus sur les Afropéruviens, le documentaire d’une heure ci-dessous :

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