« Maudits Metis » par Bertrand Dicale


LA VERSION PESSIMISTE DU METISSAGE

On ne parle jamais
de ce que vivent les Métis à l’intérieur 
 


Fils d’un Guadeloupéen et d’une Auvergnate, Bertrand Dicale, journaliste à France Inter et France Info, consacre un essai au malheur d’être métis. Le livre commence difficilement avec un premier chapitre qui vire parfois à l’anecdotique. Blanc ou Noir prend une majuscule alors que métis prend une minuscule. De là, Dicale en déduit finement qu’il se sent minuscule dans un monde majuscule. Peu convaincant. On remarquera que les Arabes et les Noirs cumulent  la majuscule et les malheurs en France. Passons. Puis, Dicale développe son mal-être de métis. Cette condition porterait en elle « la détestation portée aux Blancs ou aux Noirs ».  En revanche, le livre devient savoureux quand il attaque frontalement les clichés éculés du métissage : « les bébés métis sont les plus beaux », « le métis est l’avenir du monde ». Dicale flingue le Cran qui au prétexte d’une « solidarité raciale inconditionnelle […] démétisse les métis ». 

Le fait de ne pas verser dans l’optimisme béat d’un chanteur franco-camerounais célèbre est réjouissant. Cependant, le lecteur est perplexe devant les projections funestes de l’auteur qui extrapole sa douleur dans une impasse généralisée. Selon lui, les non-métis, adeptes de pureté,  auraient une destination toute trouvée pour les sangs mêlés : « La prochaine fois, les fours crématoires, ce sera pour nous. » Pessimiste, je vous dis.


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